Retour aux blogs Les recherches montrent que la surveillance en ligne n’augmente pas l’anxiété ni ne baisse les scores. Les données, et non les anecdotes, devraient guider les décisions de surveillance institutionnelle.

Les décisions de surveillance ne peuvent pas être prises dans le vide : pourquoi les anecdotes ne suffisent pas

Tendances et Perspectives

À mesure que de plus en plus de cours passent en ligne, les décisions concernant la surveillance sont devenues à la fois plus courantes et plus complexes. Malheureusement, beaucoup des opinions les plus fortes sur la surveillance en ligne sont façonnées par des histoires personnelles, des suppositions ou des peurs, et non par des recherches.

Les élèves disent parfois se sentir observés, jugés ou incertains quant à ce qui pourrait déclencher un signal. Ces sentiments sont réels et doivent être pris au sérieux. Mais lorsque les institutions fondent leur politique sur des généralisations, les conséquences peuvent involontairement nuire aux étudiants qui dépendent d’options de tests flexibles.

Voici quelques-uns des mythes les plus courants entourant la surveillance en ligne, des mythes répétés si souvent qu’ils semblent vrais, même si les données racontent une histoire plus nuancée.

Mythe #1 : « La surveillance par webcam rend les étudiants plus anxieux. »

Certains étudiants disent qu’avoir une caméra sur eux est stressant ou intrusif. Mais l’une des études les plus substantielles sur la surveillance par webcam, Kolski & Weible (2018), ne soutient pas cette affirmation.

Les chercheurs ont examiné 3 983 examens surveillés par webcam, observant les comportements liés à l’anxiété et les associant à l’anxiété de base de chaque élève face aux examens. Ils ont découvert quelques éléments :

  • Les élèves présentant une faible anxiété liée aux examens n’ont pas montré de stress accru lors des examens surveillés par webcam.
  • Les élèves souffrant d’une forte anxiété liée aux examens montraient des signes de stress, mais rien n’a montré que la webcam ait causé ou augmenté cette anxiété.

En résumé : la technologie ne semblait pas être la source d’une anxiété mesurable.

Mythe #2 : « Se sentir anxieux pendant la surveillance en ligne fera baisser les scores des élèves. »

Les étudiants supposent souvent que si la surveillance en ligne les rend nerveux, leurs performances vont baisser. Cette crainte est compréhensible, mais les données ne confirment pas clairement ce résultat.

Woldeab et Brothen (2021) ont mené une enquête auprès de 237 étudiants de premier cycle d’une université publique de recherche financée par des terres du Midwest supérieur, qui ont passé leurs examens en utilisant Proctorio. Bien que certains étudiants aient exprimé leur inquiétude quant à une mauvaise signalisation, l’étude a révélé que cette inquiétude n’affectait pas négativement leurs résultats aux examens. Comme le notent les auteurs, « Nous constatons en outre que la crainte d’être mal signalés n’a pas directement nui à la performance des étudiants aux examens. »

L’anxiété peut sembler être un obstacle, mais dans cette étude, cela ne s’est pas traduit par des scores plus bas.

Mythe #3 : « La façon de réduire le stress est d’éliminer la surveillance en ligne. »

Cette hypothèse apparaît fréquemment dans les commentaires des étudiants, mais les recherches suggèrent que c’est l’incertitude, et non la technologie, qui alimente la plupart de l’anxiété.

Une étude récente de Ruzgar & Chua-Chow (2023) a montré que le stress diminuait significativement lorsque les étudiants savaient à quoi s’attendre. L’auteur note : « Fournir aux élèves un test blanc et des instructions claires avant l’examen a réduit l’anxiété liée aux tests en ligne. » Ils ont également observé que « l’anxiété des élèves diminuait lorsque la structure de l’examen était familière et que les attentes étaient clairement communiquées. »

Cela suggère que la préparation, des instructions claires, les opportunités de pratique et les attentes transparentes ont un impact bien plus fort sur la réduction de l’anxiété que la suppression des outils de surveillance en ligne.

Mythe #4 : « Les élèves préfèrent les examens en présentiel. »

Cette hypothèse reflète souvent les normes académiques traditionnelles mais pas la réalité des apprenants en ligne.

Dans une étude menée auprès de 245 étudiants en ligne, McEdwards & Underhill (2021) a constaté :

  • 64 % ont choisi la surveillance de l’IA comme premier choix,
  • et seulement 4 % ont choisi les examens en présentiel.

Les élèves ne choisissaient pas sur la base de la nouveauté, ils choisissaient selon la faisabilité. Beaucoup d’apprenants en ligne ont des exigences professionnelles, des responsabilités de soins, des handicaps, de longs trajets ou un moyen de transport peu fiable. Pour eux, les tests en personne ne sont pas seulement gênants, cela peut être impossible.

Quelles institutions devraient vraiment se poser

Au lieu de s’appuyer sur des anecdotes ou des suppositions, les institutions devraient se demander :

  • Les étudiants ont-ils suffisamment de préparation avant un examen surveillé ?
  • Savent-ils comment fonctionne le système et à quoi s’attendre ?
  • Nos décisions sont-elles fondées sur des preuves, ou sur des mythes répétés ?

Le résultat final

Les recherches montrent :

  • La surveillance par webcam en fait non Suscitent une anxiété mesurable chez la plupart des élèves.
  • L’anxiété, quand elle apparaît, en a non Réduisez la performance.
  • Les étudiants préfèrent massivement les options en ligne car elles correspondent à la réalité de leur vie.
  • Une préparation claire et une communication réduisent le stress bien plus efficacement que de changer d’outil.

Lorsque les institutions se fient à des anecdotes plutôt qu’à des données, elles risquent de prendre des décisions qui désavantagent involontairement les étudiants mêmes qu’elles souhaitent soutenir. Une meilleure approche est flexible, prévisible et fondée sur des preuves : proposer plusieurs formats de surveillance, préparer les élèves en profondeur et les laisser choisir l’environnement où ils peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes.

Références

Articles de blog associés